A. COMMENT ACHETER UN APPARTEMENT EN
ISRAËL ?
Jusqu'il y a
peu, Israël était connu pour la progression constante de son marché
immobilier si peu... immobile! Bien souvent en Israël, on achète un
bien immobilier plutôt que d'en louer; d'autre part, depuis longtemps
déjà, Israël reste un lieu privilégié pour les juifs du monde entier
dans l'achat d'un bien immobilier, que ce soit comme investissement ou
encore comme résidence principale ou secondaire.
Nous allons par conséquence tenter d'esquisser en grandes lignes les
étapes par lesquelles il faut passer pour l'achat d'un bien immobilier
en Israël; ce sera une approche pratique et condensée.
Toutefois, pour votre facilité, veuillez trouver au bas de cet article
un tableau récapitulatif des points importants;
de plus, vous trouverez en bleu les principaux
termes hébreux, écrits phonétiquement, après chaque terme et
un lexique chronologique en fin d'article.
Soulignons qu'en Israël, ce ne sont pas les notaires qui se chargent
exclusivement des transactions immobilières comme en Europe
continentale mais tout avocat [“Oré'h
Din”], dont le rôle peut débuter dés l'ouverture des
pourparlers et s'achèver à l'enregistrement possible de la transaction.
Nous tenons à souligner expressément que ces quelques lignes ne peuvent
en aucun cas remplacer le conseil et l'assistance d'un avocat: les
parties peuvent avoir chacun le sien ou encore être représentées toutes
deux par le même, sous certaines conditions.
B.
LES DROITS VENDUS :
Sans entrer dans le détail des inscriptions légales, quasi-légales ou
de fait, rappelons qu'un bien immobilier en Israël peut être enregistré
(ci-après: “l'Enregistrement” [“Rishoum”])
soit :
- Avec inscription légale au Fichier immobilier
du cadastre [“Lishkath Rishoum
HaMekarkeïn” ou le “Tabo”,
terme historique ottoman] et équivalent au Registre des Hypothèques -
dépendant du Ministère de la Justice;
- avec inscription quasi-légale aux offices de
l'Administration des Domaines [le “Minhal
Mekarkei Israël” ou le "Minhal”] dépendant du Ministère des
Infrastructures Nationales;
- avec inscription contractuelle de fait, dans
les bureaux des Sociétés de construction reconnues comme Sociétés de
Logements [“'Hevra Meshakeneth”];
- avec inscription contractuelle de fait, ou
encore dans certains cabinets d'avocats;.
Soulignons que ces inscriptions sont tantôt
cumulatives, tantôt alternatives et tantôt exlusives, et n'ont
évidemment pas le même poids légal, tout en restant primordiales dans
le choix de la marche à suivre. A ce stade, il suffit de parler “des
droits sur le bien” sans préciser s'il s'agit de pleine-propriété [“Baalouth”], de
copropriété, de propriété commune ou de bail quasi-emphytéotique (
=bail à longue durée pour 49 ans en général, en souvenir du Jubilé
biblique, ou pour 99, 120 ou 999 ans) [”'Hakira Ledoroth”], et d'entendre par
“enregistrement” l'inscription respective de ces droits selon l'une des
procédures décrites ci-dessus.
- LA PREMIERE ETAPE consistera donc à
retirer un extrait de propriété [“Nessa'h
Rishoum”] ou tout autre document prouvant les droits du
vendeur sur le bien immobilier et ou l'attestation de l'état légal de
ces droits [“Ishour z'houyot”].
- DEUXIEME ETAPE : il importe également de
vérifier également si les droits vendus sont libres et quittes de toute
subordination et si les droits sont grevés, n'est-il pas indispensable
d'en exiger la levée préalable ou parallèle ?
- Le bien immobilier est-il loué à un tiers ou
est-il occupé par un locataire protégé et garanti en pas-de-porte; [“Dmei maftéa'h”] ?
- Une hypothèque [“Mashkanta”], un gage ou une saisie sont-ils
grevés sur le bien immobilier (à vérifier à l'Enregistrement et au
Greffe des Gages) ?
- Si le bien immobilier est enregistré au “Tabo”, y a-t-il des
mentions marginales [“Héarot
Hazara”] : privées (limitation de vente, tuteur,
succession, liquidateur...), municipales (expropriations, restrictions
d'urbanisme, taxation,...), ou étatiques (expropriation, tribunaux,
imposition,...)
- S'il s'agit d'une co-propriété, existe-t-il
une charte de l'immeuble [“Takanon”]
et quelles en sont les conditions ?
- Y a-t-il des droits à construire liés au bien
immobilier, toutes ses parties ont-elles été légalement bâties?
- Y a-t-il des parties communes légalement
exclues de la propriété commune et annexées [“Hatzmadot”] exclusivement à un des
appartements (comme le toit, le jardin, les emplacements de parking,
les caves, l'ascenseur, les terrasses,...) ?
- LA TROISIEME ETAPE consiste à contrôler la
nature du ou des vendeurs et acheteurs, élément qui va importer pour la
transaction.
- S'il s'agit de vendeurs et d'acheteurs
privés, il faut s'assurer de leur identité respective, parfois même en
recueillir des déclarations et obtenir des mandats notariés ou
consulaires si l'un d'eux est représenté par un autre.
- Il faudra aussi s'assurer que parmi les
vendeurs ne se trouve pas un mineur ou un incapable de jouissance; le
cas échéant, la transaction devra être ratifiée par le tribunal de
district et par le Tuteur Officiel de l'Etat qui l'approuvera, ou non,
selon des critères de rentabilité et de necessité.
- Si l'appartement est vendu dans le cadre de
l'exécution d'une succession, est-ce de commun accord par les héritiers
légaux, ou par l'exécuteur avec la ratification du tribunal compétent ?
- S'il s'agit d'une liquidation, il faut passer
par le curateur et le tribunal compétent.
- Enfin, si le vendeur est une personne morale
(société, association sans but lucratif, goupement...), des documents
supplémentaires seront nécessaires.
C. QUELS SONT LES
FRAIS ENTOURANT L'ACHAT ?
Aucune transaction ne sera conclue sans s'informer au préalable des
frais et taxes qui seront occasionés par et calculés sur la valeur du
bien immobilier au moment de la transaction.
- Aux vendeurs, incomberont en principe :
- Dans les 50 jours suivant la conclusion de la
transaction, la taxe sur la plus-value immobilière [“Mass Sheva'h”], ses taux
étant échelonnés en parallèle avec l'impôt sur le revenu, jusqu'à 50%
du bénéfice en shekels, et la taxe sur la vente ( 2.5 %) [“Mass Mé'hira”] avec
toutefois une double exemption éventuelle pour certains appartements
servant de logement ;
- les droits d'agrément [“Dmei Haskama”] et les canons emphytéotiques [“Dmei 'Hakira”] à payer
au “Minhal” ou au
plein-propriétaire du bien immoblier s'il s'agit d'un bail
quasi-emphytéotique (bail de longue durée), à vérifier spécifiquement
avant chaque revente du bien immobilier, sauf si des droits
forfaitaires de capitalisation [“Dmei Hivoun”]
ont été payés ;
- les droits d'embellissement sur la plus-value
[“Heitel Hashba'ha”]ou
autres droits à payer à la municipalité le cas échéant, tous estimés
selon des paramètres variables.
- A l'acheteur de payer, en principe :
- Dans les mêmes 50 jours, la taxe d'achat sur
l'immobilier [“Mass Rekhisha”] ; son taux sera
échelonné de 0.5% à 5% pour les appartements, avec pourtant un
abattement [“Ptor 'Helki”]
de 0.5% pour les nouveaux immigrants, les invalides et les familles
ayant perdu un des leurs sous les drapeaux (jusqu'à un plafond
d'environ $250,000), et de 5 % pour les autres biens immobiliers;
- les timbres fiscaux nécessaires à
l'enregistrement au “Tabo”
(plus de cent shékels).
Si le bien immobilier est vendu en première
main par une entreprise de construction, il faudra ajouter :
- la T.V.A. (17%) [“Ma'am”] ;
- les frais de notaire pour l'authentification
de signatures, selon le nombre d'exemplaires ;
- souvent, une participation aux frais légaux
d'enregistrement, payable au constructeur et variant de centaines de
shékels à 2% + T.V.A. du prix de l'appartement.
- Il existe encore des dépenses dont il faut
tenir compte et qui peuvent incomber soit au vendeur, soit à
l'acheteur, soit aux deux, simultanément ou alternativement :
- La commission de l'agent immobilier (en
principe 2% + T.V.A.) ;
- les honoraires du ou des avocats des parties
(à fixer à l'avance) ;
- si le bien immobilier est enregistré auprès
d'une société de logement, à chaque cession, des droits sur le bien
immobilier devront être payés en tant que participation aux frais
légaux d'enregistrement comme sus-cités ;
- les dépenses courantes occasionnées par la
possession et l'usage de l'appartement [“Hotsaoth Shotefoth”] seront en général
supportées par le vendeur jusqu'à l'entrée en jouissance, à savoir la
remise de la possession du bien immobilier [“Messirath Ha'Hazaka”], et par l'acheteur par
après.
- LA QUATRIEME ETAPE étape consiste donc à
évaluer au préalable les frais qui entourent la transaction.
D. QUELS SONT LES
DOCUMENTS (NOMBREUX!) A SIGNER ?
Qu'il s'agisse de droits réels (des droits grevés sur une chose, comme
par exemple le droit de propriété ou le bail quasi-emhytéotique (bail à
long terme), ou seulement de droits quasi-réels, (c'est-à-dire non
enregistrés au “Tabo”),
toute transaction immobilière ne sera légalement valide en Israël que
sur base d'un document écrit et signé par les parties concernées. C'est
pourquoi, une transaction immobilière ne sera conclue que par la
signature d'une convention commune écrite [“'Hozé ou Heskem”], et seules les conditions qui y
seront reprises auront force obligatoire.
La convention elle-même peut être précédée
d'un avant-contrat [“Zikhron
Dvarim”] signé par les parties de façon informelle en vue
de la conclusion ultérieure de la convention final. Si cet
avant-contrat répond aux exigences légales, il sera considéré comme un
véritable contrat de vente entre les parties, et fera déjà naître un
engagement liant les parties. Il ne faut donc pas y voir une simple
mise par écrit des intentions entre les parties, et ainsi laisser pour
plus tard la conclusion de conditions telles que les échéances de
paiement, les “petits travaux” incombant au vendeur, les “petites”
annexes à la convention, etc… Les avocats rédigeant plus tard la
convention seront tenus de respecter à la lettre ce qui a été fixé dans
cet avant-contrat et risquent de rencontrer des difficultés si les
parties ne tombent pas d'accord sur tous ces points laissés de côté:
c'est pourquoi, il est bon de prendre conseil auprès d'un avocat le
plus tôt possible.
Sur base des conditions figurant dans
l'avant-contrat, ou à défaut, conformément aux conditions dictées par
les parties, le ou les avocats rédigent la convention de vente en y
insérant tout ce que les parties ont convenu: nous rappelons que seules
les dispositions reprises dans la convention écrite seront exécutoires,
d'où l'importance pour chacune des parties de bien en comprendre les
termes et les conditions, et tout particulièrement pour celles à qui la
langue dans laquelle la convention est formulée reste … de l'hébreu !!!
Avec ou après la signature de la convention, d'autres documents devront
être signés par les parties ou par l'une d'elles: actes de vente ou de
cession de bail [“Shtaroth”],
déclarations [“Hatzaroth”]
aux autorités fiscales, formulaires divers, mandats [“Yipouyé Koa'h”]… Il est
à signaler que si, tout au long des pourparlers, la loi exige des
parties “une bonne foi” [“Tom-Lev”],
c'est-à-dire de dévoiler toutes les informations nécessaires et de ne
dissimuler aucun vice-caché, il en va de même pour les relations entre
les parties après la signature de la convention: elles doivent
continuer à agir de bonne foi, et donc remplir équitablement leurs
engagements respectifs sous peine d'indemnisation de l'autre partie.
La rédaction et la
signature de la convention et des documents annexes n'est donc que LA
CINQUIEME ETAPE.
E. QUELS AUTRES
ASPECTS PEUVENT-ILS AVOIR DE L'IMPORTANCE ?
D'autres aspects risquent d'être pour certains d'une importance non
négligeable. Même si le prix des biens immobiliers est souvent stipulé
en U.S. dollars, il sera souvent versé en shékels, en fonction du désir
des parties : si les paiements se font en shékels, l'acheteur sera donc
contraint de changer ses dollars, ses euros ou toute autre devise en
nouveaux shékels ; si le prix est fixé dans la convention en U.S.
dollars, mais payé en shékels, il sera en général indexé aux cours
moyen [“Shaar Yatsig”] du dollar U.S. (le cours
moyen officiellement publié par la Banque d'Israël quotidiennement, du
lundi au vendredi). Ce cours étant moyen, à l'acheteur de prendre en
considération l'écart des cours : pour payer au vendeur par exemple
l'équivalent de 10.000$ en shékels d'après le cours moyen, l'acheteur
devra en échanger un peu plus, auprès des banques ou des agents de
change agréés. L'acheteur devra donc prévoir une somme légèrement
supérieure au prix du bien et des frais.
Rappelons d'ailleurs que les autorités fiscales calculeront toujours le
prix en shékels, le cas échéant, indexé comme indiqué ci-dessus.
Rappelons encore que toutes sortes de considérations supplémentaires
peuvent intervenir :
- La demande de prêt immobilier par l'acheteur
(avec hypothèque), auprès d'une banque, ce qui engage des frais et des
procédures d'enregistrement supplémentaires.
- La représentation de parties par un
mandataire ce qui implique la signature de mandat/procuration adéquats
[“Ypouy Koa'h”],
par devant un notaire en Israël ou le consul israélien à l'étranger.
- Le bien immobilier est-il acheté comme tel ou
pour y faire des rénovations [“Shipoutzim”]
: il importe alors d'en recevoir plusieurs devis préalables.
- Pour le revendre rapidement ou comme
investissement à plus long terme ? Est-ce un bien immeuble unique en
Israël ?
- Pour être enregistré sous un ou plusieurs
noms ? En privé ou en société ?
- Pour y habiter [“Lagour”]
ou pour le mettre en location [“Lehaskir”]
? Est-ce un logement [“Megourim”] ou un local
commercial [“Mis'hrari”]
?
- Resterez-vous touriste ou deviendrez-vous
immigrant [“Olé 'Hadash”]
? Etc…
LA SIXIEME ETAPE est en fait composée de
petits détails qui peuvent, le cas échéant, avoir des résultats
importants.
| Bien immobilier |
Ne'hes
Mekarkeîm |
נכס מקרקעין |
| Appartement |
Dira |
דירה |
| Avocat |
Orékh Dîn |
עורך דין |
| Fichier immobilier du
Cadastre |
Lishkat
Rishoum HaMekarkeîn |
לשכת רישום המקרקעין |
| Tabo |
Tabo |
טאבו |
| Administration des
Domaines d'Israël |
Minhal
Mekarkei Israël |
מנהל מקרקעי ישראל |
| Société de logements |
'Hevra
Meshakeneth |
חברה משכנת |
| Pleine-propriété |
Baalouth |
בעלות |
| Bail à longue durée |
'Hakira
Ledoroth |
חכירה לדורות |
| Extrait de propriété |
Nessa'h
Rishoum |
נסח רישום |
| Attestation de l'état
légal des droits |
Ishour
Z'houyoth |
אישור זכויות |
| Pas-de-porte |
Dmei Maftea'h |
דמי מפתח |
| Hypothèque |
Mashkanta |
משכנתא |
| Mention marginale |
Héarot Hazara |
הערת הזהרה |
| Charte de l'immeuble |
Takanon |
תקנון |
| Parties exclusivement
annexées |
Hatzmadot |
הצמדות |
| Taxe sur la plus-value
immobilière |
Mass Sheva'h |
מס שבח |
| Taxe sur la vente |
Mass Mékhira |
מס מכירה |
| Droits d'agrément |
Dmei Haskama |
דמי הסכמה |
| Canons emphytéotiques |
Dmei 'Hakira |
דמי חכירה |
| Droits forfaitaires de
capitalisation |
Dmei Hivoun |
דמי היוון |
| Droit d'embellissement
sur la plus-value |
Heitel
Hashba'ha |
היטל השבחה |
| Taxe d'achat |
Mass Re'hisha |
מס רכישה |
| Abattement |
Ptor H'elki |
פטור חלקי |
| T.V.A |
Ma'am, Mass
Erekh Moussaf |
מע"מ, מס ערך מוסף |
| Dépenses courantes
occasionnées |
Hotsaoth
Shotefoth |
הוצאות שוטפות |
| Remise de la possession |
Messirath
Ha'Hazaka |
מסירת החזקה |
| Convention (écrite) |
H'ozé/Heskem |
חוזה / הסכם |
| Avant-contrat |
Zikhron Dvarim |
זיכרון דברים |
| Actes de |
Shtaroth |
שטרות |
| Déclarations |
Hatzaroth |
הצהרות |
| Mandat, Procuration |
Yipouy Koa'h |
יפוי כח |
| De bonne foi |
BeTom Lev |
בטום לב |
| Cours moyen |
Shaar Yatsig |
שער יציג |
| Rénovations |
Shipoutsim |
שיפוצים |
| Acheter |
Liknot |
לקנות |
| Mettre en location |
LeHaskir |
להשכיר |
| Logement |
Megourim |
מגורים |
| Commercial (bien) |
Misrari
(Ne'hess) |
מסחרי (נכס) |
| Immigrant, Immigrants |
Olé Hadash,
Olim 'Hadashim |
עולה חדש, עולים חדשים |
|